Bonnes pratiques

La prévention n’est pas l’interdiction mais l’incitation à la modération et la mise en place d’un cadre adapté.

Sécurisez vos événements !

L’organisation d’événements pose naturellement le problème de la gestion du risque lié au nombre de personnes rassemblées en un même endroit et à leurs activités. La nature de ces risques varie en fonction de l’événement (activités proposées, topologie du lieu…). Il est indispensable que les organisateurs d’un événement prennent le temps de se poser les questions basiques pour assurer la sécurité des participants.

En amont de l’événement

Être en règle

L’association est-elle assurée pour cet événement ? (cf. Responsabilités)

Les autorisations administratives et déclarations (mairie, préfecture…) ont-elles toutes été obtenues et respectivement effectuées ? Par exemple, la déclaration à la SACEM, Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique.

Anticiper les risques

  • Le type d’activité de l’événement représente-t-il un risque ? (événement sportif, festif...)
  • Sur le lieu de l’événement :

Les issues de secours sont-elles facilement accessibles, repérables, libres et dégagées ?
L’endroit est-il adapté au nombre de personnes attendues (ratio utilisé : 1 personne = 1m²) [Arrêté du 25 juin 1980 - Article N 2] ? Est-il habilité à recevoir du public, c’est-à-dire, est-il un ERP (Établissement Recevant du Public) ?
Le matériel mis en place lors de la soirée présente-t-il des risques (présence de fils au sol, sol mouillé…) ?
Y a-t-il d’autres risques particuliers (présence d’un plan d’eau à proximité, présence de fils électriques dangereux, route très fréquentée…) ?

  • Pour des questions de courtoisie et d’efficacité, les autorités ont-elles été prévenues suffisamment à l’avance ? Les services de secours et d’urgence les plus proches, mais aussi l’administration de votre établissement comme le préconise la Charte Prévention cosignée par le BNEI, la CDEFI, la CGE et le BNEC.

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Il faut penser à tout. Prévoyez l’imprévisible !

Préparer son équipe

  • Est-il prévu de former des bénévoles aux premiers secours, comme la formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) ? Celle-ci est accessible à tous et permet d’acquérir les premiers réflexes à avoir face à une situation d’urgence (étouffement, mise en position latérale de sécurité, gestion des malaises, brûlures...).
  • Est-il prévu d’effectuer une formation et/ou sensibilisation aux risques liés à l’alcool ? En particulier pour les barmen : sensibilisation aux risques liés à l’alcool, respect des doses standards, ne pas servir une personne trop alcoolisée…
  • Un briefing pour préciser le déroulement de l’événement à l’équipe organisatrice est-il prévu ? Celui-ci comporte-t-il les informations sur les dangers mis en évidence lors du repérage des lieux ainsi que les services de secours :

• Si une personne présente un risque pour elle-même ou les autres ou en cas de trouble à l’ordre public, contacter la police au 17.
• Si un problème d’ordre médical survient, se mettre en relation avec le SAMU en appelant le 15 ou faire intervenir l’équipe de secours qui est sur place.
• Dans le cas où un poste de secours est mis en place, le numéro du référent de l’équipe de secours a-t-il été donné ? (voir : 3.1.4 Quand dois-je solliciter des organismes de secours ?)

Lors d’un appel à un service de secours, il est important de préciser son nom, le lieu du problème ainsi que la nature de celui-ci. Un dialogue va s’initier et sera enregistré. Attention à ne pas raccrocher avant que l’interlocuteur ne l’ait demandé.

Il est à noter qu’un Verre Standard (VS) comprend 8 à 10 g d’alcool pur. C’est l’équivalent de :

  • un shot de 3 cl d’alcool fort à 40° (vodka, whisky)
  • un verre dosé à un volume de pastis à 45° (3 cl pour 5 volumes d’eau )
  • un apéritif à 18° (7 cl)
  • un ballon de vin à 12° (10 cl)
  • une flûte de champagne à 12° (10 cl)
  • un verre de bière « forte » à environ 8,5° (12,5 cl)
  • un demi de bière à 5° ( 25 cl) / un demi de cidre à 5° (25 cl)

N.B. : un fût de bière (de 10 à 50 L)

Boîte à idées !

Dans la dynamique de développement durable, sont utilisés de plus en plus des gobelets en plastique réutilisable.
Il devient facile de les avoir avec les graduations permettant d’identifier les doses standards.

Pendant l’événement

  • à l’entrée : vérifiez que les personnes qui entrent soient bien connues et attendues (cartes de membres, listing…).
  • à la buvette/bar : si vous distribuez des boissons alcooliques, ne donnez pas d’alcool à une personne manifestement ivre. Mettez de l’eau à disposition et offrez des boissons sans alcool.
  • à l’extérieur : faites régulièrement des rondes de surveillances aux environs de l’événement, notamment pour s’assurer qu’aucune personne
  • n’est seule à l’extérieur (risque de malaise, d’hypothermie...).

La plupart du temps les secouristes peuvent être des bénévoles qui décident de passer la soirée en poste de secours. En discutant avec eux, vous leur donnerez l’envie de revenir pour assurer les secours lors des prochains événements de l’association.

  • A la sortie : vérifiez que les différentes personnes ayant consommé de l’alcool soient accompagnées et ne soient pas conductrices d’un véhicule (voir : 3.2.2 Actions de prévention routière). En cas d’incident : évitez la création d’une foule qui pourrait gêner les secours.
  • Dans le cas où un poste de secours a été mis en place, échangez régulièrement avec les secouristes sur le déroulement de votre événement.

Les boissons dites « énergisantes » sont soupçonnées d’avoir un effet sur la santé encore mal connu. Elles peuvent être dangereuses lorqu’elles sont consommées avec de l’alcool :

  • Particulièrement sucrées, elles ont pour effet de masquer le goût de l’alcool fort et donc de faciliter sa consommation massive.
  • Une consommation importante lors d’une soirée, a pour effet de diminuer la sensation de fatigue réelle.

Après l’événement

Après l’événement, il est nécessaire de faire un débriefing, pour mettre en avant les points positifs mais également les axes d’amélioration à prévoir pour les prochains événements. Il ne faut pas hésiter à solliciter, pour ce débriefing, tous les acteurs de l’événement : les bénévoles organisateurs, la direction, mais aussi les acteurs de secours, de transport… et enfin, les participants.

Quand dois-je solliciter des organismes de secours ?

Un organisateur de soirée est libre de faire appel à des organismes de secours afin d’augmenter le niveau de sécurité de l’événement. Ils assureront seulement la partie secours à personnes, et ne dégagent en rien la responsabilité de l’association sur la sécurité de l’événement.

Lorsqu’un événement accueille du public, les organisateurs de celui-ci doivent mettre en place un DPS (Dispositif Prévisionnel de Secours) tenu par des organismes agréés de Sécurité Civile [Arrêté ministériel du 7 novembre 2006] en fonction du ratio d'intervenants secouristes (RIS) calculé. Celui-ci prend en compte l'effectif et le type du public, l'environnement, l'accessibilité au site ainsi que le délai d'intervention des secours. Si le RIS est de zéro, le DPS n'est pas obligatoire, sauf avis contraire de l'autorité auprès de laquelle la manifestation a été déclarée.

  • Pour un événement présentant des risques importants, le DPS sera obligatoire dès 210 participants.

Trop de prudence ne tue pas la prudence.

Lors de l’événement, il est important que les services de secours soient bien visibles (panneaux, position stratégique...) et, si possible, à proximité d’un espace avec eau courante, des toilettes ainsi qu’un bon éclairage.

Pensez à établir, à l’avance, avec l’organisme choisi, la liste du matériel qui lui sera nécessaire (prise électrique…). Faire appel à un DPS n’est pas gratuit mais des méthodes de subventionnement existent. (voir : section 2 Les différents acteurs)

Un événement avec 210 participants mais présentant des risques très élevés (distances avec les services de secours les plus proches, accessibilité du site) peut nécessiter une mise en place de secours adaptés selon le Référentiel National édité par le Ministère de l’Intérieur. En conséquence, il incombe à l’autorité de police compétente de vous demander de mettre en place un DPS si elle le juge nécessaire ou approprié.

Dans ce cas, le soutien d’un organisme agréé de sécurité civile lors d’une demande en Préfecture pourra vous aider à décrire le risque. Les organismes agréés de sécurité civile vont dans un premier temps faire parvenir un dossier technique à remplir contenant des informations sur le site l’événement, le public, les risques visibles… et l’ensemble des éléments qui leur permettront d’estimer les risques potentiels lors de l’événement.

Il sera alors établi une convention précisant les moyens humains et matériels mis en place par l’organisme pour assurer les secours. N’hésitez pas à consulter différents organismes de secours afin de comparer les tarifs.

La prévention : démarche globale & boite à outils

Goodies prévention : les grands classiques

A la base de la prévention, l’accès pour les personnes désireuses au matériel de base de prévention dans le cadre festif : éthylotests, préservatifs, bouchons d’oreille.

Pour s’en procurer, le plus simple est de s’adresser aux mutuelles étudiantes de proximité ou à l’Association de Prévention Routière qui propose des kits “soirée étudiante” (penser à s’y prendre à l’avance).

Il est aussi parfois possible d’en trouver auprès des SIUMPPS ou des institutions. Enfin, le CRIPS (Centre Régional d’Information et de Prévention Sida) peut vous communiquer la liste des structures qui donnent des préservatifs. L’idée n’est pas juste de donner des goodies mais de profiter de ce moment pour passer des messages de prévention.

Actions de prévention routière

Une association organisant un événement a une part de responsabilité quant à d’éventuels accidents survenus, par exemple, suite au débit de boisson desa soirée. Il est donc important et responsable de votre part d’encadrer autant que possible les retours afin de minimiser les prises de risques sur les trajets des participants à l’événement.

Pensez aux navettes !

La mise en place de navettes peut être une charge financière assez lourde mais nécessaire dans le cas où le lieu de l’événement est éloigné de l’école et des logements des étudiants.

Attention, lors de la mise en place de navettes, prévoyez des arrêts proches des logements pour éviter que certains ne prennent la voiture après la navette afin de rentrer chez eux.

Il est possible de diminuer leur coût en faisant une demande de subventions auprès des différents acteurs spécialisés :

  • Projet d’action Label Vie auprès de la Préfecture ou le plus souvent auprès de la Sécurité Routière. Il s’agit d’une aide financière pour la réalisation
  • de projets de sécurité routière par des 14-28 ans soutenus par une association. L’action proposée, soumise à un jury local, peut déboucher sur une subvention pouvant aller jusqu’à 800 €.
  • Subventions locales auprès de la mairie, du conseil général...
  • L’établissement lui-même (FSDIE). Il doit être un appui pour la vie étudiante et a tout intérêt à veiller à son bon déroulement.

Boîte à idées !

Que des navettes soient mises en place ou non, d’autres moyens de déplacement seront utilisés pour se rendre au lieu de votre événement.

Ici encore, les maîtres mots sont planification et encadrement :

  • Plans et horaires de bus desservant les environs.
  • Numéros de quelques compagnies de taxis.

Ces informations peuvent être communiquées via la distribution de flyers, la diffusion sur des écrans…

Les clés des conducteurs, que faire ?

Prendre en main la gestion des clés des conducteurs c’est accepter la responsabilité supplémentaire de cette gestion (vol, perte...) et c’est risquer de mettre personnellement l’équipe organisatrice dans une situation délicate notamment aux yeux de la loi (rendre les clés au conducteur ivre qui les demande ou non). Cela peut également être décourageant pour les capitaines de soirée, car ils peuvent se sentir « contrôlés».

A vous, donc, de peser le pour et le contre de ce dispositif.

Attention, dans tous les cas, tentez tout ce que vous pouvez pour empêcher un conducteur ivre de rentrer chez lui en voiture : ramenez-le chez lui, faites le dormir chez quelqu’un d’autre, appelez un taxi…

Il est possible de mettre en place un dispositif sans prendre les clés, en mettant en place des alternatives alléchantes pour les conducteurs. Dans ce domaine, les idées d’action de prévention ne manquent pas et peuvent encore être développées.

Sensibilisation à la sécurité routière : « Un peu plus sur le dispositif SAM »

  • logo SAM

Le dispositif SAM, propulsé par la Sécurité routière vise à responsabiliser les conducteurs, mais aussi les organisateurs d’événements festifs, de soirées… via notamment l’application Facebook « Choisis ton SAM ».

Boîte à idées !

L'attrait du conducteur


  • En début de soirée, en ayant identifié les conducteurs, les informer sur la responsabilité qu’ils doivent assumer (phrase du type « attention ce soir tu as la responsabilité de ramener tout le monde en vie » en adoptant une attitude conviviale).
  • Des files spéciales pour leur éviter le temps d’attente.
  • Un Open Soft et des cocktails sans alcool autant gourmands que les cocktails alcoolisés peuvent conforter le conducteur dans sa décision à ne pas boire d’alcool.
  • La possibilité, si le conducteur est négatif à l’éthylotest en quittant la soirée, de gagner des goodies ou des lots, ou de se faire rembourser une partie du prix d’entrée.

Prévention contre les IST

La prévention contre les IST – Infections Sexuellement Transmissibles – passe par l’utilisation de multiples dispositifs de protection mais aussi par l’incitation au dépistage.

Beaucoup de sensibilisation est faite en amont de l’entrée en école mais celle-ci ne doit pas s’arrêter pour autant.

Il est important de maintenir une prévention ciblée sur les IST en milieu étudiant. Pour ce faire, il existe de nombreuses idées qui permettent d’aborder le sujet de manière adaptée au publique.

Attention, tout réflexe peut être défaillant surtout dans la précipitation !

Boîte à idées !

  • Petits-déjeuners ou soirées à thème.
  • Projection de films.
  • Création de foyers sous différentes formes.
  • Stand prévention durant les soirées avec distribution de multiples dispositifs de protections contre les IST.

Pour aller + loin :

  • ARCAT (Association de Recherche, de Communication et d’Action pour l’accès aux Traitements)
  • Sida Info Service : 0 800 840 800 | www.sida-info-service.org
  • Solidarité SIDA (destiné aux jeunes)
  • AIDES
  • Le KIOSQUE Info Sida Toxicomanie

Proposez un environnement adapté et restez à l’écoute !

Il est aussi important de proposer aux participants un cadre adapté. L’aménagement d’un espace calme tout aussi attractif que le reste de votre événement (facile d’accès, confortable, décoré…) et proposant par exemple de la nourriture (gratuite ou à faible coût), des animations ludiques, des activités de prévention ou toute autre chose s’accordant à la nature de votre événement.

Il peut aussi être intéressant de disposer des fontaines à eau en accès libre en divers endroits stratégiques.

Communiquer, faire passer les messages de prévention

Flyers

Les flyers sont un outil de communication pratique pour faire de la prévention. Choisissez un format court et attractif. Plusieurs organismes peuvent vous en procurer gratuitement comme l’INPES.

Stands et ateliers prévention

Il est possible de mettre en place des stands proposant flyers et goodies, tenus soit par des membres de l’association soit conjointement avec des acteurs spécialisés. Certains peuvent même vous proposer des activités ludiques autour de la prévention. Parce que la prévention peut être fun, faites appel à votre imagination :

  • Jeux, concours, quiz.
  • Lâcher de ballons prévention.
  • Stand « fais ton cocktail sans alcool »

avec des ingrédients originaux.

Boîte à idées !

Communiquez sur les actions que vous entreprenez !


En amont de l’événement :

  • Sur les supports de communication de la soirée (réseaux sociaux, affiche, flyers).
  • Sur les tickets d’entrée en prévente.

Pendant la soirée, dans la décoration :

  • En fléchant les zones d’intérêt.
  • En diffusion sur des écrans.
  • Par message au micro.

Restez à l’écoute

Parce que rentrer en vie ne suffit pas…

Une association étudiante a généralement une relation privilégiée avec l’ensemble des élèves. La vigilance peut permettre de repérer les comportements à risque de certains d’entre eux s’avérant récurrents. La prise en charge de ce genre de comportement nécessite le plus souvent une formation adaptée (voir : section 5 Addiction).