Addictions

D’après Fédération Addiction, « il n’y a pas de société sans drogue. L’usage de substance fait partie des objets, des techniques et des inventions de l’Homme pour prolonger, développer ou modifier ses compétences. » Dans un souci de responsabilité morale, le BDE et la direction sont encouragés, à s’engager, dans la limite de leur compétence, dans leur rôle de protection et d’aide d’un individu en situation d’addiction. C’est en s’appuyant sur la proximité du BDE et de la Direction, par rapport aux élèves de la promotion spécifique aux écoles, que cette action peut être des plus efficaces.

Pour mieux comprendre...

Qu’entend-on par « Addiction » ?

L’addiction est une perte de contrôle du comportement. La MILDT - Mission Interministérielle de Lutte Contre la Drogue et la Toxicomanie - la définit comme une « relation de dépendance plus ou moins aliénante pour l’individu, et plus ou moins acceptée, voire totalement rejetée par l’environnement social de ce dernier : d’un produit (drogue, tabac, alcool, médicaments…) ou d’une pratique (jeu, achat, sexe, internet…) ».

Considérer la personne avant l’addiction.

Trois paramètres interagissent dans le phénomène d’addiction : la personne, son contexte personnel et l’objet de l’addiction.

La dépendance, c’est-à-dire, la relation personne / objet de l’addiction, n’est souvent que la manifestation d’un problème dans la relation personne / contexte. Ainsi, pour pouvoir agir sur la relation personne / objet de l’addiction il faut parallèlement agir sur la relation personne / contexte.

De plus, la prise en compte de la dimension « positive » des effets des conduites d’addiction est capitale. En effet, elle motive, justifie et légitime les différents usages qui peuvent en être faits. C’est l’individu qui détermine si sa consommation lui convient dans le contexte de vie qui est le sien.

La prise en compte de sa satisfaction ou de son insatisfaction à cet égard est essentielle car elle conditionne les possibilités de changement dans son rapport aux produits.

Les objets de l’addiction

Il s’agit généralement d’estomper, d’accentuer ou de modifier des sensations (plaisir ou souffrance), des contraintes, des performances et des états physique et/ou psychiques (fatigue, inhibition, sommeil, sexualité, angoisse, dépression…).

Les substances psychoactives

Aujourd’hui, l’utilisation de substances psychoactives est de plus en plus mêlée aux activités humaines. En effet, les valeurs de la modernité
comme la performance, l’immédiateté et la maximalisation des sensations leur confèrent un rôle essentiel dans notre quotidien.

Au-delà de son action biologique, « l’effet » d’une substance est le fruit d’un rapport entre un produit, une personne et le contexte personnel dans lequel elle se trouve. Cette équation permet de comprendre pourquoi une même drogue ne produit pas forcément le même type d’expérience, selon l’usager, son mode d’usage, son état d’esprit, le contexte dans lequel se situe la consommation, etc.

Les autres addictions

Certaines pratiques, dîtes sans produit, peuvent également avoir un potentiel addictif avec des conséquences similaires aux usages de substances comme le jeu de hasard et d’argent, le jeu vidéo, l’usage d’internet, l’alimentation mais aussi les achats compulsifs, le sport ou le travail, etc.

Tous les comportements d’usage ne se valent pas

  • L’usage simple : consommation ponctuelle ou régulière qui n’induit pas de dommage de santé ou d’ordre social. Il répond pour l’essentiel à des visées récréatives et n’entraîne qu’exceptionnellement des complications ou des dommages. Cependant, l’usage simple ne protège pas des risques situationnels et des conséquences judiciaires : accidents de la route, comportements violents, grossesse…
  • L’abus (ou usage nocif) : consommation préjudiciable pour la santé mais n’entrant pas dans la catégorie de la dépendance. L’abus ou l’usage nocif se caractérise par un usage répété entraînant des complications physiques ou psychiques et donnant lieu à des conséquences sociales problématiques : absences en cours, échec aux examens, difficultés relationnelles, problèmes judiciaires liés à une substance…
  • La dépendance : il n’est plus question d’envie mais de besoin. La dépendance s’installe plus ou moins progressivement et se caractérise par la perte de contrôle des consommations. L’usager ne peut plus moduler sa consommation en fonction du contexte dans lequel il se trouve et ressent une impossibilité à résister au besoin de consommer.

S’entraider sans être spécialiste

Qui mieux qu’un proche, un collègue de promotion, un professeur, un encadrant, qui côtoie une personne quotidiennement est à même de repérer que « quelque chose ne va pas ». Le BDE et la direction ont une place privilégiée concernant la détection et l’aide des élèves en situation d’addiction. Néanmoins, si la vigilance et l’écoute font partie de leur rôle, la prise en charge doit être effectuée par des professionnels du soin.

Les signaux d’alerte

  • Les situations de « crise » : état d’ivresse répété, violence, coma éthylique, etc.
  • Les signes plus discrets : difficulté à se concentrer, trouble du sommeil, propension à s’isoler, désintérêt, absentéisme, mauvais résultats scolaires,  troubles alimentaires, irritabilité, plaintes somatiques répétées, etc.

C’est avant tout par l’observation, l’écoute et le dialogue que les élèves et le corps pédagogique de l’école peuvent repérer ces signes et ces changements d’attitude. Le BDE et la direction peuvent avoir un rôle, soit de détection, soit d’appui de ceux qui a été détectés.

S’il vous arrive d’observer ces situations parmi les élèves de la promotion, d’être témoin d’un comportement que vous identifiez comme problématique, vous devez agir, il en va de votre responsabilité morale.

Inciter quelqu’un à se questionner, à changer un comportement qui pourrait s’aggraver

Il n’y a pas besoin d’être un spécialiste pour être présent et épauler mais cela peut s’avérer déterminant. Les membres du BDE et de la direction peuvent apporter une première aide en étant à l’écoute. Faire avec, partager de bons moments est aussi important qu’utile et a pour effet d’éviter la solitude et de générer la sensation « qu’on compte pour quelqu’un » et que l’on n’est pas seul face à cette situation. Dans certains cas, une attitude bienveillante, aidante, non jugeante peut suffire.

  • Pour être prise en compte votre intervention doit être adaptée sans vouloir devenir spécialisée, et pour cause, votre atout est celle de l’appartenance à une même école, un même groupe. L’atout du professionnel étant celui d’être spécialisé et extérieur.
  • Il ne s’agit pas de s’improviser thérapeute mais d’être en mesure de donner à son niveau, en fonction de la relation que l’on entretient avec la personne, des conseils dont l’individu peut se saisir. Le conseil peut être d’ordre préventif, de réduction des risques (routier, sexuels) ou d’un accompagnement vers le soin.
  • Dans les situations d’échanges vous pouvez évoquer l’existence d’auto-questionnaires qui peuvent aider la personne à se positionner : se tester sur www.leplanb.info

Orienter vers un professionnel

La prise en charge efficace d’une personne dépendante ou en difficulté ne s’improvise pas.

Vous devez vous tourner vers les professionnels afin qu’ils prennent le relais.

Pour la personne que vous avez identifiée, il est généralement nécessaire de passer le relais. Une personne ira d’autant plus volontiers rencontrer un spécialiste à qui vous aurez facilité la venue. Pour que ce passage de relais ne soit pas vécu comme une exclusion, il est important de connaître le lieu où vous orientez.

Pour cela, il est important de prendre soin de téléphoner d’abord, afin de savoir, comment ça se passe, par qui elle sera accueillie, etc. Sa confiance sera d’autant plus grande si vous connaissez le lieu où vous lui conseillez d’aller.

Vers qui orienter ?

Il existe des dispositifs spécialisés en matière de pratiques addictives :

  • les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC),
  • les Centre de soins, d’Accompagnement et de prévention (CSAPA) sont des structures médico-sociales qui accueillent les personnes en ambulatoires,
  • les équipes hospitalières de liaison en addictologie (ELSA),
  • des professionnels membres de réseaux de soins,
  • des médecins généralistes sensibles à ces questions, auxquels il est possible de s’adresser en cas de besoins.

Mieux connaître, mieux comprendre, mieux savoir :

  • C’est avoir moins peur.
  • C’est pouvoir prendre le recul nécessaire à l’abord et à la gestion de ces situations souvent complexes.
  • C’est être en mesure d’aider et d’accompagner à la mesure de ses propres capacités.
  • C’est savoir comment et vers qui se tourner quand on a atteint ses propres limites.

La démarche à adopter avec ces dispositifs spécialisés :

  • Prenez le temps de connaître ces dispositifs afin de pouvoir orienter ceux qui en ont besoin ou qui en font la demande. Ces lieux sont confidentiels et gratuits et la personne est libre d’adhérer ou pas à la démarche proposée.
  • Vous pouvez prendre contact, au préalable, avec la structure afin de connaître ses modalités d’accueil, de façon à pouvoir les transmettre et les expliquer à la personne que vous souhaitez leur adresser.
  • Même si la démarche doit être personnelle, un accompagnement physique de la personne peut s’avérer, dans certaines situations, aidant et rassurant.

Certaines démarches peuvent paraître moins lourdes et donc plus abordables comme les numéros d’aide et d’écoute.

Pour aller + loin :

  • http://www.alcoolinfoservice.fr
  • Écoute alcool : 0 811 91 30 30.
  • Écoute cannabis : 0 811 91 20 20. [Numéros gratuits ou au coût d’une communication locale depuis un poste fixe].
  • Pour être aidé ou trouver un accueil près de chez vous : Adalis.